Elections Municipales : à vous de jouer !
A l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars prochain, France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine interpelle les candidats et futurs élus pour faire le leur commune un véritable territoire de santé.
Les communes jouent un rôle clé sur les déterminants de santé : cadre de vie, écoles, environnement, alimentation, mobilité, information des habitants, accès aux soins. Autant de domaines qui relèvent de la compétence des maires, dont la proximité, notamment dans les petites et moyennes villes, avec les populations leur confère une capacité d’action unique.
En écho à l’action nationale de France Assos Santé qui met à la disposition des élus un ensemble de pistes d’actions autour d’un manifeste et de fiches thématiques, la délégation Nouvelle-Aquitaine publie 4 capsules vidéos engageantes pour interpeller l’opinion publique et réaffirmer la place et la compétence des maires sur les questions de santé.
Ma commune, Ma santé
La santé est un bien commun, un droit universel qui nécessite de veiller au bien-être physique, psychologique et social de chacun.
Favoriser l’accès aux soins pour tous y contribue.
La santé ne se résume pas à l’accès aux soins. L’air que l’on respire, qualité de l’eau, espaces verts, trottoirs praticables, équipements sportifs de proximité, habitat adapté et lieux de convivialité façonnent le bien être en santé.
La qualité de vie sera-t-elle un slogan… ou un véritable levier de santé pour tous, et pas seulement pour les plus favorisés ?
Centre-ville, quartiers prioritaires, zones rurales, littorales ou industrielles :
distance, transports, offre de soins, nuisances…
les réalités diffèrent.
Les inégalités se creusent. Et cela relève de la responsabilité d’élu.
Soutenir l’installation de professionnels de santé.
Développer la mobilité.
Adapter horaires et lieux de services.
Renforcer la médiation.
Protéger les plus vulnérables.
La santé ne se décrète pas. Elle se construit. Localement. Urbanisme. Logement. Mobilité.
Éducation. Culture. Sport. Solidarité.
Chacune de vos décisions impacte directement la santé des habitants.
Intégrer la santé dans toutes vos politiques,
dialoguer avec les citoyens, co-construire des solutions :
voilà ce qui fait la différence entre un programme… et un projet de société.
La santé sera-t-elle un simple chapitre de votre programme — ou le socle de votre action municipale ?
LIVRE BLANC de l'URPS des Infirmiers Libéraux : notre position régionale sur la consultation infirmière
Le 06 novembre 2025, l’URPS Infirmiers Libéraux Nouvelle-Aquitaine a organisé la restitution d’un livre blanc sur la consultation infirmière auquel notre délégation France Assos Santé a été associée.
Le système de santé traverse une double mutation : structurelle, marquée par la montée en compétences des professionnels, l’intégration du numérique, le vieillissement de la population et la demande croissante en prévention et accompagnement des maladies chroniques ; et conjoncturelle, caractérisée par la désertification médicale et la tension sur l’accès aux soins.
Dans ce contexte, la consultation infirmière apparaît comme une évolution structurante du rôle infirmier. Elle représente une opportunité pour renforcer la proximité, la prévention et la continuité du parcours de soins, à condition qu’elle soit pensée dans une logique globale, coordonnée et centrée sur le patient.
A la demande de l’URPS infirmiers libéraux de Nouvelle-Aquitaine, France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine apporte ici sa contribution sur 3 questions cibles :
1. Quelle est la position des usagers et de France Assos Santé à propos de la consultation infirmière ?
2. L’élargissement des compétences des infirmiers libéraux peut-il représenter « une bulle d’oxygène » pour les patients dans les zones médicalement sous-denses ?
3. Comment les infirmiers libéraux peuvent-ils se positionner dans le système de santé de demain ?
Position des usagers et de France Assos Santé
France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine accueille favorablement cette évolution, perçue comme une reconnaissance des compétences infirmières et un levier d’amélioration de l’accès aux soins. Les usagers soulignent par ailleurs, plusieurs points de vigilance :
• Qualité et sécurité : la consultation doit s’inscrire dans un cadre coordonné avec les autres acteurs du territoire d’exercice, avec des protocoles partagés et une traçabilité via Mon Espace Santé et le DMP
• Formation et reconnaissance : montée en compétences fondée sur une formation homogène, initiale et continue, validée nationalement, et soutenue financièrement ;
• Information du patient : clarté sur le rôle, les limites et les compétences des infirmiers ; • Évaluation continue : suivi de l’efficacité, de la satisfaction et de l’impact territorial.
Une “bulle d’oxygène” pour les zones sous-denses
Dans les territoires en tension médicale, la consultation infirmière offre une réponse concrète de proximité : premier niveau de repérage et d’orientation, réduction des délais d’accès aux soins, allègement de la charge des médecins généralistes, et renforcement du suivi des maladies chroniques, de la prévention et de l’accompagnement des personnes âgées. Les usagers y voient un complément essentiel à la médecine de premier recours, non une substitution.
Les infirmiers libéraux dans le système de santé de demain
Les infirmiers libéraux ont vocation à devenir des acteurs de premier recours au sein d’équipes de soins primaires territorialisées, notamment dans le cadre du maintien à domicile. Leur rôle s’articule autour de trois priorités où la consultation infirmière aurait toute sa place et légitimité :
– accompagnement personnalisé des patients chroniques, âgés ou en perte d’autonomie ;
– prévention et promotion de la santé via une approche globale, éducative et communautaire, dans une logique de prévention primaire, secondaire ou tertiaire, incluant notamment vaccination, dépistage ou repérage de situations de fragilité ;
– coordination des parcours, facilitée par les outils numériques et le travail en réseau interprofessionnel.
Le déploiement des infirmiers de pratique avancée (IPA) ou Asalée et la diversification des spécialisations doivent être encouragés, tout en évitant la création de silos internes à la profession.
Si la délégation de tâche se structure entre la profession médicale et infirmière, il est indispensable qu’elle s’organise conjointement avec les autres professionnels du soin, de l’aide et de l’accompagnement notamment par la présence de l’aide-soignant, y compris à domicile, lequel bénéficie d’une formation soignante adaptée.
Les conditions de réussite
Pour réussir, la consultation infirmière doit s’accompagner
– De moyens financiers dédiés, reconnaissant le temps et la valeur du “prendre soin” ;
– De temps disponible pour des consultations qualitatives ;
– D’une formation initiale repensée autour de la coordination et du parcours
– D’outils numériques intégrés (DMP, télésoin, IA d’aide à la décision) ;
– D’un pilotage territorial concerté impliquant tous les acteurs, professionnels de santé, libéraux et non libéraux, établissements de santé publics et privés, usagers, ARS et services de l’Etat, élus locaux.
Nos recommandations
Pour que la consultation infirmière soit reconnue et efficace
France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine soutient pleinement la mise en place de la consultation infirmière, à condition qu’elle s’inscrive dans une logique de coopération interprofessionnelle et de continuité des soins, qu'elle soit adossée à une formation solide et à une évaluation partagée, et demeure centrée sur le patient, sa sécurité et son autonomie.
Cette évolution représente, pour les usagers, une véritable avancée : une “bulle d’oxygène” pour les territoires en tension, et une étape structurante vers un système de santé plus humain, plus accessible et plus cohérent.
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France Assos Santé sonne l’alarme sur un PLFSS profondément injuste et inefficace
A l’heure où est débattu le projet de loi de Finances de la Sécurité Sociale (PLFSS) France Assos Santé sonne l’alarme sur les mesures portées au débat en interpellant dans une lettre ouverte le 1er ministre, Sébastien Lecornu.
A l’heure où nous célébrons les 80 ans de la Sécurité sociale, pilier de notre démocratie, nous réaffirmons notre opposition au principe des franchises et participations qui pénalisent les personnes ayant besoin de soins. Il n’est pas acceptable qu’une contribution soit assise sur le besoin de se soigner. A ce niveau de franchises et participations, nous le disons clairement : il ne s’agit plus d’un détricotage, mais d’une véritable démolition de notre protection sociale solidaire et universelle.
A l’heure ou les inégalités d’accès s’accroissent, les mesures proposées ne s’attaquent pas aux vrais problèmes !
Si nous sommes bien conscients de la nécessité de maîtriser le déficit de la Sécurité sociale, nous considérons que les mesures proposées ne s’attaquent pas aux vrais problèmes. En faisant reposer l’effort principalement sur les personnes malades, ce PLFSS ne fera qu’aggraver les conséquences déjà constatées de la hausse des franchises et des restes à charge : l’accès aux soins se détériore, les inégalités d’accès s’accroissent, l’état de santé de la population se dégrade et la perte de confiance dans le système s’accélère.
PLFSS 2026 : une grave atteinte à l’accès aux soins des personnes malades
Le PLFSS 2026 a été déposé le 14 octobre au Conseil des ministres, et s’annonce sous le signe de l’austérité au regard du déficit budgétaire colossal de la Sécurité sociale. A l’horizon, une année de gel des prestations, un ONDAM contenu à +1,6% et des économies attendues de 7,1 milliards d’euros.
France Assos Santé a transmis ses propositions d’amendements pour l’examen du texte en Commission des Affaires sociales à l’Assemblée Nationale, pour remettre de la justice, mais aussi de la cohérence dans les politiques de santé publique.
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L'urgence de prendre soins de nos Urgences !
Alors que les services d’urgence agréés doivent assurer un accueil universel en étant ouverts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les difficultés d’effectivité de la permanence des soins en ville, la baisse de la démographie médicale ont conduit notre région, comme ailleurs, a opéré des régulations en fermant totalement ou partiellement des services d’urgences pour des périodes plus ou moins longues. En alternative, certains services peuvent être transformés en antenne d’urgence sous réserve d’une autorisation et d’une coordination territoriale afin de garantir un accès aux soins pour tous.
En conformité avec le décret du 29 décembre 2023 relatif aux conditions d'implantation de l'activité de médecine d'urgence, le Directeur général de l’ARS a lancé la consultation réglementaire dans le cadre d’une révision du Schéma Régional de Santé (SRS) composante du Projet Régional de Santé (PRS) pour laquelle France Assos Santé Nouvelle Aquitaine a répondu en apportant un avis des recommandations sur cette consultation et plus particulièrement sur le dispositif proposant la structuration d'antenne de médecine d'urgence.
Position de France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine sur la crise des urgences
Tout d’abord, il convient de souligner que les associations d’usagers sont conscientes des difficultés de la situation. Elles sont convaincues de l’engagement et de l’investissement des professionnels concernés à des titres divers par le fonctionnement des urgences. Elles savent que dans les services correspondants, les conditions de travail peuvent parfois être très dégradées, aux limites de la maltraitance professionnelle.
Mais elles veulent aussi rappeler dans cet avis qu’à la maltraitance des professionnels fait écho la maltraitance des patients qui subissent la dégradation des conditions d’accueil aux urgences. Il en résulte des conséquences sur le pronostic des personnes concernées avec des pertes de chance qui peuvent être lourdes.
Des études ont ainsi montré que la mortalité augmentait, notamment chez les personnes âgées, en fonction du temps d’attente dans les services, souvent sur un simple brancard
De ce point de vue, il est clair que la création des antennes de médecine d’urgence, si elle répond à un besoin de sécurisation juridique constitue un palliatif qui témoigne aussi de la pénurie actuelle et de la crise des urgences.
Pour autant, France Assos Santé Nouvelle Aquitaine considère que la nécessité de définir les conditions d’implantation de ces antennes devrait fournir l’occasion d’une réflexion collective et collégiale incluant les usagers et les patients pour déboucher sur une véritable mutualisation solidaire des ressources. Or, la plupart du temps, les mesures de régulation ont placé la population et les usagers devant le fait accompli.
De même, la saisine de la commission des usagers sur ces mesures de régulation semble marginale alors même que les RU, lorsqu’ils sont interpellés par les usagers s’expriment majoritairement sur la dégradation des soins et l’accueil aux urgences, comme en témoigne le rapport d’analyse croisé entre l’ARS et France Assos Santé de 2022 indiquant que 67% des expressions portaient sur la crise des urgences.
Cette situation amène le mouvement France Assos Santé a formulé 3 positions fortes sur la crise des urgences que nous traversons :
- Nous regrettons qu’aucun dispositif d’ensemble, site internet par exemple comme au Québec, ne permette à l’usager, de manière simple et transparente d’accéder à des données actualisées sur la disponibilité de chacun des services de la région, avec notamment le nombre de personnes en attente, de personnes sur brancard, les délais d’attente, etc. Dans le meilleur des cas, il lui faut trouver les informations dans la presse régionale.
- Nous regrettons fortement qu’aucune étude d’impact n’ait objectivé les conséquences pour la population et les patients de ces régulations et de ces conditions de prises en charge aux urgences. La Cour des Comptes parle à cet égard « d’un angle mort ». Il est regrettable qu’en matière d’urgence les témoignages parvenus dans les commissions des usagers et les signalements pour évènement indésirables graves ne fassent pas l’objet d’une analyse partagée régulière et rendue publique.
- Nous nous interrogeons, au vu de témoignages, sur les difficultés accrues d’accès au 15 et au SAS : délai d’attente, difficulté d’appréciation de la gravité de la situation, difficulté d’accès pour des personnes en situation de précarité et/ou des personnes n’ayant pas la maîtrise du français, etc.
La question n’est pas de mettre en accusation ce service et ses personnels mais d’améliorer sa qualité en s’appuyant aussi sur l’expérience patient. La transformation de service d’urgence en antenne de médecine d’urgence rend cette amélioration d’autant plus nécessaire.
La transformation en antennes d’urgence oui, mais en dernier recours et non par facilité !
Compte tenu de ce constat, France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine émet 3 recommandations à l'égard de cette consultation régionale afin d'ouvrir le débat et engager la discussion collective.
1 - Pour plus de transparence dans l’information aux usagers
A l’image du Québec, nous demandons de mettre à la disposition des usagers, en continu, les données d’information concernant les urgences, comme les structures ouvertes à proximité de leur localisation, le temps d’attente observé dans celles-ci, le nombre de passages, les services fermés, etc.
2- Engager de réelles mesures d’impact en dehors des considérations statistiques
Nous demandons qu’il soit prévu la réalisation d’études d’impact pour apprécier les conséquences des transformations sur la population et les usagers.
Nous réclamons que le 15 et le SAS fassent également l’objet d’une étude quantitative et qualitative pour avoir une idée plus précise des difficultés d’accès à ce dispositif de régulation pour la population.
3- Usagers/professionnels :faire réellement partenariat pour une responsabilité solidaire
Nous considérons que ce sujet nécessite une mobilisation très large des acteurs locaux et qu’il faille mieux associer la population et les Représentants des Usagers siégeant en Commission des Usagers (CDU) et en Conseil Territorial de Santé (CTS). Nous appelons à la constitution de véritables alliances sur le terrain, impliquant les usagers, transcendant les logiques sectorielles, catégorielles, professionnelles, financières ou encore partisanes.
POUR ACCEDER A L'AVIS INTEGRAL de France Assos Santé Nouvelle-Aquitaine : AvisSRSurgencesVDF - FASNAQ
Pour lutter efficacement contre les déserts médicaux, soutien total à la Proposition de loi Garot !
Début avril, l’Assemblée nationale aura l’opportunité de contribuer à améliorer l’accès aux soins de l’ensemble des usagers de la santé en France. Cette occasion à saisir, c’est l’examen de la Proposition de loi (PPL) transpartisane portée par le député Guillaume Garot et visant à « lutter contre les déserts médicaux ».
Les débats en Commission des affaires sociales qui ont eu lieu ce mercredi 26 mars ont abouti à la suppression de l’article 1 de cette PPL, c’est-à-dire l’axe fort : la régulation de l’installation des médecins.
Or, 86% des Français se déclarent favorables à la régulation de l’installation des médecins, selon un récent sondage IPSOS pour la FHF (mars 2025).
France Assos Santé appelle les députés à voter cette proposition de loi dans sa version initiale lors de la séance publique car, même si elle ne répond pas à l’ensemble des besoins, elle propose des solutions pertinentes et efficaces.
Trouver un médecin généraliste ou spécialiste dans certains territoires français s’apparente aujourd’hui à une quête au long cours pour des millions d’usagers qui vivent dans des zones sous-dotées.
Cette situation dénoncée par France Assos Santé s’aggrave chaque année, comme en témoignent les chiffres du ministère de la Santé : pour les 10 % de la population habitant les territoires où l’offre de soins est la plus insuffisante, il faut compter 11 jours pour obtenir un rendez-vous avec un médecin généraliste. Le temps d’attente atteint même 189 jours pour consulter un ophtalmologue.
Urgence absolue
Les alertes et les propositions formulées par les associations agréées de santé depuis des années se sont heurtées aux réalités de l’évolution de la démographie médicale et à des politiques de santé publiques inadaptées. Selon la DREES, le nombre de médecins actifs de moins de 70 ans continuera à stagner, voire à diminuer au moins jusqu’en 2030. Malgré le numerus apertus 2021-2025 qui fixe l’objectif de 51 505 étudiants admis en 2ème année de médecine, le nombre de médecins formés ne permet pas de contrer le vieillissement de la population ainsi que les nombreux départs à la retraite des professionnels de santé.
Les mesures d’incitation à l’installation mises en œuvre depuis les années 2000 ont montré leurs limites : si elles ont pu attirer de nouveaux médecins dans des zones sous-denses, elles n’ont en général pas suffi à les retenir. Beaucoup d’argent public dépensé pour un résultat insuffisant.
Les mesures louables telles que l’augmentation du numerus apertus ou encore l’élargissement du périmètre des métiers infirmiers sont indispensables, mais ne régleront pas à elles seules les difficultés d’accès aux soins. Or, même en temps de pénurie de professionnels de santé – notamment dans le secteur de la médecine générale – une meilleure répartition de l’existant est possible.
La régulation n’est pas de la coercition mais de l’organisation
La proposition de loi transpartisane portée par le député Guillaume Garot introduit notamment la régulation de l’installation des médecins sur le territoire, sans aller jusqu’à l’obligation d’installation. L’autorisation est ainsi octroyée d’emblée en zone insuffisamment dotée et, dans le cas contraire, subordonnée au départ d’un médecin de la même spécialité et exerçant dans la même zone. Il ne s’agit donc absolument pas d’une obligation à l’installation dans les zones sous-dotées, mais d’une régulation de l’installation des médecins dans les zones suffisamment dotées, zones actuellement peu nombreuses au regard de la désertification grandissante de la majorité des territoires.
Parmi les détracteurs de la régulation, certains entendent préserver la liberté d’organisation et d’installation des professionnels de santé. Or la majorité des professionnels de santé autres que les médecins ne disposent pas d’une telle liberté non régulée ! L’installation des pharmacies, sage-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues et, depuis le 1er janvier 2025, des chirurgiens-dentistes sont soumis à une régulation dans les zones suffisamment dotées.
D’autres craignent une perte d’attractivité du métier des médecins, renforçant ainsi la pénurie. Or chaque année, des dizaines de milliers d’étudiants tentent en vain de décrocher une entrée en faculté de médecine.
D’autres encore considèrent que cette PPL n’impose de contraintes qu’aux médecins libéraux. Or la liberté d’installation des salariés est par définition déjà encadrée : les candidats postulent où se trouvent des postes vacants.
Une finalité non négociable : un égal accès aux soins pour tous
La PPL Garot contient 3 autres mesures que France Assos Santé soutient pleinement et qui visent à faciliter, pour l’ensemble des usagers de la santé, l’accès aux soins :
- La suppression de la majoration financière actuellement imposée aux patients ne trouvant pas de médecin traitant ;
- Le déploiement de l’offre de formation en médecine sur tout le territoire, en permettant a minima une première année effectuée dans chaque département ;
- La participation effective des établissements de santé, des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sage-femmes et des infirmiers à la permanence des soins.
Il est temps de stopper la dégradation de l’accès aux soins et les pertes de chances qu’entraine, pour certains usagers, l’inégalité de la répartition de l’offre de soins dans les territoires.
C’est pourquoi France Assos Santé et ses associations membres appellent les députés à dépasser les clivages partisans et à voter la PPL Garot avec l’article 1 rétabli, lors de la séance publique, afin de réintégrer dans ce texte la possibilité de réguler l’installation des médecins, une demande unanime des Français pour améliorer leur accès aux soins.
Enquête sur les soins à domicile : les Français les plébiscitent… quand ils y ont accès !
France Assos Santé publie ce 25 février les résultats de son enquête exclusive sur les soins à domicile. Retours très positifs des patients ou de leurs proches, sous réserve de trouver des professionnels de santé et de l’aide à domicile.
Plus de 9 personnes sur 10, patients ou proches, se déclarent satisfaits des soins reçus ou dispensés à domicile. C’est l’un des principaux résultats de l’enquête BVA/Xsight pour France Assos Santé, réalisée auprès de 500 personnes, entre le 29 novembre et le 9 décembre 2024, par Internet.
Le tout domicile n’est pas tout rose
A bien y regarder, la réalité est plus nuancée. Car si les soins accordés à domicile, que ce soit par les médecins et les infirmiers, font l’unanimité, encore faut-il pouvoir en bénéficier. Ce constat, et quelques autres, font partie des points d’attention que notre étude a permis d’identifier :
- 25 % des personnes suivies sur le long cours (dont plus d’un tiers en raison du vieillissement) et 19 % des patients en post-hospitalisation ont été confrontés à des difficultés d’accès à des professionnels de santé et à des aides à domicile ou auxiliaires de vie ;
- 11 % d’entre eux ont dû renoncer à des soins, en raison précisément de ces difficultés d’accès à un médecin ou un infirmier, mais aussi, dans une moindre mesure, pour des raisons financières ;
- De fortes disparités se font jour, en particulier entre les patients en post-hospitalisation et ceux suivis sur du long terme, et, au sein de ce dernier groupe, les personnes seules et/ou en perte d’autonomie liée à l’âge ont un vécu plus complexe et difficile ;
- 70 % des proches aidants rapportent des impacts négatifs de ce type de prise en charge, en termes organisationnels et de lourdeurs administratives.
Le virage domiciliaire, conséquence du développement des soins ambulatoires et de la préférence des Français pour les soins à domicile, nécessite des efforts à la hauteur des enjeux, notamment pour faciliter l’accès à tous les professionnels engagés dans ce type de prise en charge. En clair, pour garantir des soins de qualité pour tous, partout.
Voir les résultats de l'enquête ICI









